RDC : la migration Mbororo, facteur de déstabilisation des provinces du Haut et Bas-Uélé.

RDC : la migration Mbororo, facteur de déstabilisation des provinces du Haut et Bas-Uélé.

RDC : la migration Mbororo, facteur de déstabilisation des provinces du Haut et Bas-Uélé.

Les participants à l’atelier de restitution à Kisangani sur la problématique Mbororo, soulignent que les mouvements des populations constituent un phénomène universel, permanent, naturel et éternel. Cependant, ces mouvements peuvent être une opportunité pour les migrants et les zones de destination tout comme ils peuvent devenir source de tension et de crise si ils ne sont pas bien gérés ou n’obéissent pas aux règles et surtout quand ils ne rencontrent pas les intérêts des populations des régions d’accueil.

Cet atelier de restitution s’est tenu du 15 au 16 novembre 2021 à Kisangani à la salle de La Fourchette. Aux termes de deux jours d’échanges autour de la restitution de l’enquête Pax-APRu sur les Mbororos dans les provinces du Haut et  Bas-Uélé, les participants issues de toutes les couches estiment que les migrations mbororo, « sont principalement vécues comme un facteur de déstabilisation de ces deux provinces tant la cohabitation entre les migrants et les populations locales est vraiment difficile et ce, malgré quelques effets positifs. »

Cet aspect des choses, constatent les participants à cette grande rencontre de Kisangani, constitue une menace à la paix dans la région. Par ailleurs, plusieurs actions ont été initiées pour gérer la présence des Mboboros, mais ces dernières ont toujours été rejetées par les populations locales. Toutefois, la rencontre de Kisangani a permis d’identifier les actions prioritaires à prendre pour résoudre de manière concertée, pacifique et durable la question des migrants mbororos.

On note entre autres :

1. Le Recensememnt des migrants mbororos se trouvant sur le territoire national en vue de leur cantonnement.

2. L’exploration et analyse des modalités de rapatriement conformément aux lois et règlements nationaux et aux engagements internationaux de la RDC.

3. Le Renforcement de contrôle aux frontières par une présence accrue, permanente et dissuasive des forces de sécurité aux points d’entrée des Mbororos.

4. La Définition d’une vision commune claire de la politique migratoire et un plan de sortie de crise avec toutes les parties prenantes et se fixer des objectifs pour les réaliser sans délai au niveau national et provincial.

5. La Création en concertation avec les instances régionales, les Etats concernés et les organisations de la société civile, un environnement institutionnel, juridique et règlementaire favorable au rapatriement des migrants mbororos dans leurs pays d’origine.

6. De Veiller à l’application rigoureuse des lois et règlements relatifs à l’entrée et au séjour des étrangers en RDC par les services étatiques.

7. Le Désarmement de tous les migrants mbororo détenteurs illégaux d’armes à feu

8. S’assurer du monitoring des violations des droits humains par les différents acteurs concernés, notamment des comités des citoyens, et la poursuite des violations devant les instances judiciaires compétentes et promouvoir la redevabilité des autorités publiques.

9. La mise en place des cadres de concertation pour favoriser les échanges et discussions entre les parties prenantes et œuvrer en faveur de la paix sociale, notamment à travers une campagne de sensibilisation des parties prenantes.

10. L’évaluation périodique de l’étendue et de l’efficacité des mesures prioritaires.

Il sied de noter que PAX et APRU ont mené une recherche appliquée pour faire un état des lieux de la présence des migrants mbororo dans le Haut-Uélé et le Bas-Uélé en vue d’explorer des pistes de solution.

Les résultats de cette étude ont été restitués également auprès des décideurs politiques nationaux (députés, sénateurs, gouvernement, etc.) à Kinshasa en septembre dernier. Ont pris part à cet atelier, les décideurs politiques provinciaux, des représentants de la société civile, des autorités traditionnelles et chefs des entités territoriales déconcentrées ou décentralisées, des représentants des Mbororos et des élites scientifiques venus du Haut-Uélé et du Bas Uélé et associés à des délégués de Kisangani.

Jean Claude Fundi

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