PORTRAIT : "le théâtre pour dire tout haut ce qui se dit tout bas"

PORTRAIT : « le théâtre pour dire tout haut ce qui se dit tout bas »

PORTRAIT : « le théâtre pour dire tout haut ce qui se dit tout bas »

Elle s’appelle Johs Jocelyne LUTU DIANGOY et elle a adopté Binta comme nom de scène. Détentrice d’un diplôme de licence de l’Université de Kisangani et âgée d’un quart de siècle, c’est depuis 2019, trois ans déjà, qu’elle pratique le théâtre classique.

Sa rencontre avec le théâtre est un véritable conte des fées.

« J’avais assisté, lors de la 8ième édition du festival Ngoma 8, à un spectacle burundais qui parlait de la politique. C’était une sorte de dénonciation des tueries, des massacres, des violences faites aux femmes… Et pour moi qui suis une militante, j’ai trouvé cela comme une bonne manière de dire tout haut ce qui se dit tout bas. Mais c’étais à la fois culture  parce que j’ai assisté à ce spectacle comme si je suivais une leçon. Un jour, il n’y avait pas d’électricité à la maison, et  mon téléphone était déchargé. Il me fallait avoir de la charge. Je me suis rendu  à l’espace culturel Ngoma parce que là, il y avait un générateur en marche… »

C’est alors qu’elle fut la connaissance d’un artiste comédien qui lui posera la question de savoir si elle ne pas intéressée par le théâtre.

« …Je n’ai pas hésité à dire oui, parce que je voyais là une  opportunité très alléchante pour moi… »

Johs Jocelyne LUTU

C’est en forgeant que l’on devient forgeron.

Au début, explique – t –elle, ce n’était pas facile, car elle avait  du mal à s’adapter, parce que c’était totalement un  nouveau monde pour elle. Finalement, le théâtre l’a aidé à vaincre ses peurs et à maîtriser ses émotions.

« …et me tenir longtemps en train de parler devant un public attentionné à tous ce que tu fais, ce que tu dis, c’était une chose qui ne m’était pas arrivée. J’avais la frousse, je tremblais, je ne pouvais pas pousser ma voix jusqu’au fond de la salle.  Mais comme j’aimais bien la chose, petit à petit, à force de travailler, comme dit-on, c’est en forgeant que l’on devient forgeron… Le Théâtre stimule mon intellect et me pousse à réfléchir sur une chose quelconque qui, ensuite m’amène à l’écriture… » 

Elle pense qu’elle dispose déjà des bases solides en théâtre mais estime qu’elle n’est pas arrivée. Elle est  en chemin.

Pour Tito MUNGANGA, celui qui l’a détecté et qui est un de ses metteurs en scène, le début a été difficile avec elle.

« …tu dois d’abord parler, lui expliquer la démarche de ce que vous voulez réaliser, et si l’explication est claire,  là elle  propose des trucs proches ce la demande… C’est  une fille très cultivée, civilisée. Josh est une fille douce, intègre, qui aime une relation de réciprocité. …si elle continue à se sacrifier comme elle fait aujourd’hui, elle va atteindre l’idéal… »

Rebecca BOSONGO est une jeune comédienne qui a commencé le théâtre quelques temps avant Johs Jocelyne LUTU. Elle estime qu’elle assure bien sur scène. Elle trouve qu’elle est déterminée dans ce qu’elle fait.

« …et si elle continue à le faire avec amour, dans les jours à venir, elle sera parmi les professionnels… »

Johs Jocelyne LUTU (à gauche) en pleine séance de répétition.

De ces trois ans dans le théâtre, Johs Jocelyne LUTU garde de très bons souvenirs. Pour elle, c’est un monde qui lui a fait connaître comment vivre en communauté tout en gardant un climat convivial.

« .. Comment se supporter mutuellement, comment minimiser un problème même quand il semble être grand… aujourd’hui je peux parler devant un public grâce au théâtre…C’est grâce au théâtre que j’ai vu la ville de Goma… »

Johs Jocelyne compte demeurer le plus longtemps possible dans le monde théâtral et, peut être,  créer à la longue, une structure pour la défense des droits des artistes.

« …mon souhait le plus ardent, est que les messages, passés par le théâtre, puissent atteindre  les cibles et les amener au  changement…. »

La Rédaction.

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