PORTRAIT : « Je me sens mieux dans ma peau d’artiste que dans celle de juriste ». (Evodie Grâce Madhira)

PORTRAIT : « Je me sens mieux dans ma peau d’artiste que dans celle de juriste ». (Evodie Grâce Madhira)

PORTRAIT : « Je me sens mieux dans ma peau d’artiste que dans celle de juriste ». (Evodie Grâce Madhira)

Agée de trente ans, Evodie Grâce MADHIRA OKUNIA est artistes pluridisciplinaire. A la fois comédienne, metteure en scène et Écrivaine, elle est coordinatrice de la plateforme culturel CAI – Collectif des Artistes de l’Ituri – et détentrice d’un diplôme de licence en droit privé et judiciaire.  

Sa passion pour le théâtre, elle la trouve dans des films qu’elle suivait quand elle était jeune.

« …déjà quand j’étais enfant, je me plaisais énormément à voir les acteurs féminins jouer dans des films. C’est là que j’ai développé l’envie d’être comme ces femmes et je me disais en moi que je serais un jour une actrice moi aussi… Ma mère soutenait mon idée et me disais souvent que le moment venu, elle m’enverra faire les études d’art. Mais la nature en a décidé autrement. Elle a été rappelé auprès du Père  et je me suis retrouvée dans ma ville natale pour poursuivre normalement mes études secondaires… »

En 2008, elle commence à œuvrer  dans une petite troupe de son quartier dont elle est co – fondatrice. La troupe est spécialisée dans le cinéma. Elle joue un rôle dans un court – métrage initié par son groupe. Mais, malheureusement, le court – métrage ne verra jamais le jour.

En 2011, alors étudiante à l’université, elle participe à la création de la compagnie «  Okapi », et joue pour la première fois un rôle dans un spectacle classique. Après, elle rejoindra la compagnie culturelle « la Voix de la Jeunesse de l’Ituri ». C’est dans cette structure qu’elle lancera vraiment sa carrière professionnelle. En dehors des aspects atistiques, elle assumera les tâches de Directrice Administrative et financière.

En tant que femme, elle pense qu’ils existent plusieurs obstacles car, explique – t – elle, la plupart des gens pense que faire le théâtre n’est pas bien pour une femme. La présence des hommes à ses côtés ne la dérange pas. C’est d’ailleurs, pense-t-elle, un leitmotiv pour la pousser à bosser dur.

« …déjà, je me reconnais comme bosseuse. Pour moi, c’est le travail d’abord. D’ailleurs avec les hommes comme collaborateurs, ça me permet de me forger davantage, de travailler dur pour que les mondes comprennent que la femme aussi peux gérer et diriger. Et que les femmes prennent conscience que le secteur de l’Art n’est pas seulement réserver aux hommes mais aussi aux femmes… »

Le Théâtre est un métier difficile, à en croire Evodie Grâce Madhira. Mais il y a lieu de donner de la valeur et de la considération à cet art.

« …en étant artistes, il est important de prendre ses responsabilités en main et se démarquer d’une manière ou d’une autre des ces fanfarons qui ternissent l’image des artistes, et ramener les gens à apprécier le travail de l’artiste à sa juste valeur… »

Si le monde pense que les artistes sont des pauvres, la meilleure façon de leur montrer qu’un Artiste peut vivre de son art, explique-t-elle, est un travail acharné avec des résultats.

Ce métier lui a permis de participer à plusieurs festivals, notamment le festival Ngoma qui est, pour elle, le meilleur car, explique – t – elle, le festival Ngoma est une véritable école. Elle est fière de son métier. Elle a  eu à rencontrer plusieurs artistes du monde et de son pays et effectué plusieurs voyages au pays, voire à l’extérieur du pays à grâce au théâtre.

« …le théâtre est une partie de moi car le rêve de la petite fille innocente s’est réalisé. En tant qu’artiste pluridisciplinaire, je me dis que le sang du métier coule dans mes veines et l’art c’est mon Monde. Sans cela, ma vie ne vaut presque pas grand-chose. Je me sens plus à l’aise dans ma peau d’artiste que celle de juriste… »

Pour Adamo Sebele, qui a eu à la côtoyer pendant des années, Evodie reste une femme engagée dans l’art et tous ses parcours artistiques sont positifs.

« … depuis 2013 qu’elle a eu un vrai goût pour le théâtre, après une séance de coaching  rigoureux dans le cadre du préparatif du festmu, Festival de Théâtre et d’animation en Milieu Universitaire. C’était sa première fois de jouer dans un théâtre classique devant un public amoureux du théâtre classique dans la ville de Kisangani. Au retour de festamu elle a exprimé son vœu d’être encadré par la voix de la jeunesse de l’ituri qui déjà avait eu le coaching du groupe taccems… Elle est un symbole bien fini qui représente valablement la femme artiste iturienne. Des plusieurs spectacles qu’elle a joué, je suis personnellement félicité par les spectateurs et je suis fier d’elle. Elle est ce qu’elle est grâce au travail de dur label nonobstant ses caprices…»

Elle voudrait, dans les années à venir, diriger des projets culturels en faveur des artistes dans sa ville natale, la province de l’Ituri et  aussi, pourquoi pas, faire une carrière internationale dans son domaine. En attendant, la black beauty et femme forte, comme elle aime se surnommer, tient des mains de maître les commandes du Collectif des Artistes de l’Ituri.

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