Des questions sur « l’enquête-événement » (Tribune de José Nawej).

Des questions sur « l’enquête-événement » (Tribune de José Nawej).

Des questions sur « l’enquête-événement » (Tribune de José Nawej).

Mille et une manières de réagir à l’enquête -uniquement à charge- estampillée « Congo hold up » menée par un consortium de médias et d’ONGS. Du pain béni pour ce que le pays compte d’anti-kabilistes primaires. Eux qui sont sevrés de critiques acerbes contre l’ancien Président depuis que celui-ci a été -institutionnellement -neutralisé par son prédécesseur.

Ainsi, l’enquête hyper médiatisée par ses auteurs tombe à pic pour les détracteurs à vie du sénateur à vie. Elle est susceptible de détourner l’attention d’une bonne partie de l’opinion rd congolaise de ses préoccupations prégnantes à la fois en rapport avec le début réussi de croisade contre le « hold up » au niveau de la CENI. Et plus généralement contre la déglingue non contenue sur le front du sempiternel social. Les adversaires-le mot est faible- de Joseph Kabila ne pouvaient rêver meilleure diversion.

Côté kabilie, on a certes raison d’alerter sur les remugles qu’exhale cette enquête-inquisition. Le camp du Président honoraire de la RDC n’a pas non plus tort de crier à ce qui a tout l’air d’un acharnement. Du moins, si l’on en juge par les précédentes campagnes de même nature contre le même Kabila.

Cette occurrence-récurrence ne saurait, cependant pas dispenser l’opinion d’une lecture critique sur la praxis du pouvoir même sous des dehors « démocratiques« . Au reste, depuis la vague de démocratisation des années 90, on est enclin à croire et même à considérer que la démocratie se limite à l’organisation régulière des élections. Alors que le fait démocratique se vit entre deux scrutins avec l’existence de contre-pouvoirs réels -Parlement, justice, syndicats, médias …-.

Confinés au service minimum ou évoluant comme appendice sur fond d’hyper présidentialisation du pouvoir, ces institutions et corps intermédiaires se contentent d’une existence anecdotique. Résultat, un parfait pied de nez au « pouvoir qui doit arrêter le pouvoir » théorisé par Montesquieu dans De l’Esprit des lois. Et bonjour le pouvoir au mieux jupitérien, au pire absolu. Or, comme l’avait si bien dit l’historien et homme politique britannique, « le pouvoir absolu corrompt absolu« .

De cette évidence, viennent les avatars d’une gestion moniste du pouvoir : gabegie, corruption, rétro commission, concussion…bref ce que l’on dénonce sous le terme générique d’antivaleur. Comme quantité d’autres dirigeants à travers le vaste monde, Joseph Kabila pouvait difficilement échapper à cette contrepartie de l’hyper pouvoir. Problème, l’actualité du nouveau régime charrie les mots et les maux que l’on croyait être enterrés avec le « vieux monde« . Le dossier 100 jours, l’affaire de retro commission, RAM… sont autant d’indices que « Congo hold up » n’est pas une marque déposée de la kabilie.

Enfin, il y a ce bon vieux déterminisme colonial et son succédané-néocolonial- qui prédispose le Congolais fils et petit-fils d’évolué à considérer tout ce qui vient du Nord comme parole d’Evangile. Combien disent invariablement Amen à la lecture de toute production qui porte la signature des excroissances ou des supplétifs des puissantes technostructures des « maîtres du monde » ? Et ce, sans la moindre distance critique?

En l’occurrence, serait-il impertinent de chercher à connaître les ressorts de cette « méga enquête » ici et maintenant ? Serait-ce pour le simple noble motif d’éclairer les pauvres Congolais sur les années Kabila ?

Un coup d’œil dans le rétroviseur renseigne que certains tapages voire exagérations médiatiques participent à préparer les opinions sinon à légitimer, du moins à avaliser ou baliser certaines entreprises ultérieures. Pour les analystes d’un certain âge, Timisoara en Roumanie a préparé les esprits à « valider » l’estocade donnée au « Génie des Carpates » Nicolae Ceausescu qui, il est vrai, n’était pas un ange. Pour mettre le libyen Kadhafi qui n’était pas un saint hors d’état de nuire… à certains gros intérêts, l’accusation était « imparable« : massacre du peuple libyen. Aujourd’hui, il fait bon vivre dans la Libye libérée.

Quant aux dizaines de milliards de dollars de Mobutu – qui n’était pas, on en convient, un modèle de vertu – brandis pour le diaboliser davantage, les Congolais attendent toujours de recevoir ne serait-ce qu’un milliard pour tirer la gratuité de l’enseignement du… coma.

José NAWEJ

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