De très mauvais signaux… (Tribune de José Nawej)

De très mauvais signaux… (Tribune de José Nawej)

De très mauvais signaux… (Tribune de José Nawej)

Sale temps pour l’Etat de droit hier ! Deux séquences avec comme protagoniste le Vice-président de l’Assemblée nationale et Président de l’UDPS, parti au pouvoir. D’abord sur l’avenue des Poids lourds lorsqu’une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, montre  les gardes de Jean-Marc Kabund en train de s’en prendre  physiquement à un élément de la Garde républicaine « coupable » de ne pas laisser le passage à l’impressionnant  cortège du numéro 2 de la Chambre.

Ensuite, en guise des « représailles », des soldats de cette unité d’élite effectuent une expédition à la résidence du député national Kabund et président faisant fonction du parti présidentiel.

Ce n’est pas se payer de mots que de constater que tout dans cette scène ubuesque dessert le pouvoir. On ne peut pas se poser en héraut et héros de l’Etat de droit et laisser se dérouler  des spectacles dignes d’une « république bananière ». Des policiers commis à la garde de l’un des principaux personnages ou personnalités du Régime brutaliser un « frère d’arme » jusqu’à lui retirer son arme. Comme pour se faire justice, des éléments de la GR vont, à leur tour, vandaliser la  résidence d’un député qui, plus est, est baron du Régime. C’est la totale.

Pas l’once d’un Etat de droit de la part de ceux qui claironnent ce concept  et en font une marque déposée de leur pouvoir. Tout l’exact  contraire. Du haut de sa sagesse, le philosophe de la Renaissance Montaigne aurait lâché: « Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés ».

Par quel que bout que l’on appréhende la folle journée d’hier à Kingabwa, un constat : de très mauvais signaux  dans toutes les directions.

A l’interne, ce « farwest » sonne comme un cinglant démenti de la mort du « régime des hommes forts ». Ces hommes qui se mettent ostensiblement au – dessus de la loi. A l’extérieur, cette tragi-comédie des hommes au pouvoir  brouille l’image pro Etat de droit du pouvoir Fatshi.

Sans le moindre jeu de mots, l’expression « se tirer la balle dans le pied » ne serait pas à tirer par les cheveux. Se faire hara-kiri ne tomberait pas non plus comme un cheveu sur  la soupe. Ou encore  par ce temps de la CAN, marquer contre son propre camp ne serait pas inapproprié.

Un musicien bien de chez nous aurait ironisé en lingala : « tala bango na bango bakomi kobunda. Eye mabe » . En français : « Les voilà en train de se rentrer dedans entre eux ». A mille lieues du…FCC.

José NAWEJ

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